
Un héritage à conserver
L’œuvre d’Élise Bisschop nous est parvenue comme un héritage précieux, presque miraculeusement conservé. Elle se compose d’un recueil de poésies, de dessins, ainsi que de correspondances retrouvées dans des circonstances exceptionnelles. Cet ensemble rare témoigne d’une sensibilité vive et d’un regard profondément singulier sur le monde.
Empreints de fraîcheur, de lumière et d’une joie sincère, ses écrits touchent immédiatement par leur justesse et leur humanité. Mais au-delà des mots et des images, c’est toute une présence qui se révèle : celle d’une personnalité habitée par un espoir communicatif et un charisme discret.
Ainsi, l’héritage d’Élise Bisschop ne réside pas seulement dans ses textes et ses dessins, mais dans l’élan de vie qu’ils portent encore aujourd’hui — une mémoire vivante, à préserver et à transmettre.

SON MESSAGE


Élise, Marie et Pierre Bisschop à la Ferme Saint-Hubert à Trucy-sur-Yonne. Peinture de René Bisschop, avant 1935. Collection privée.

Élise, son frère Pierre (au premier plan), aux côtés de son grand-père Laurent (probabilité), sa mère Marie et une dame à Mailly-le-Château, vers1935. Collection privée.

Profondément inspirée par sa joie en Dieu, Élise se définissait par son sourire qu’elle offrait généreusement à tous. Elle percevait sa joie comme une réalité supérieure du Seigneur, venant et conduisant à la Source d’Amour.
Dès l’âge de 13 ans, Élise se donna pour devise
« Sourire à tout et à tous par amour pour Jésus ».
Sa joie ne la quittait jamais, elle transcendait son âme.
Dans ses poésies, Élise la célébra avec constance. Dès l’âge de vingt ans, elle l’éleva même au rang d’une « science » dans sa poésie Chantons la joie :
« Pour enseigner la science de la joie
Il nous suffit de passer en aimant :
Humbles rayons que le bon Dieu envoie,
Là où il veut, brillons, tout simplement !... »
Dans son autre poème Chanson joyeuse, écrit en 1947, elle l’assimila à une « belle Dame ». Cette Dame Joie, qui est en réalité la Vierge Marie, réside en Élise, en son âme. Avec un cœur aimant, elle la célèbre avec une grande douceur :
« La joie est entrée en mon âme
Sans doute, elle s’y trouve bien.
Rien ne peut la chasser, ma Dame.
On la croit morte, elle revient. »
Cette joie était précieuse pour Élise car elle lui avait été donnée par Jésus.
Malgré la maladie et les tourments de la vie, la joie d’Élise était sa plus belle expression. Elle caractérisait son âme lumineuse entièrement offerte et guidée par la main de Dieu.
Toute sa vie, Élise fit resplendir sa joie partout. En novembre 1954, depuis l'hôpital Saint-Germain à Auxerre, elle écrivait à son Père spirituel :
« Père, me voici en retraite, ici à l’école de la souffrance, du dépaysement, de l’obéissance. Ils admirent tous mon sourire et je demande si j’aurai le cœur de le garder jusqu’au bout car je ne suis pas au bout ! Je ne précise pas : ce sont des nouvelles d’âme, que je veux vous donner. On me croit courageuse et je sais si bien que je ne le suis pas, mais j’ai la grâce. Vous avez dû bien prier pour moi, car j’ai gardé ma joie. »
Lettre d’Élise Bisschop à l’abbé André Générat, 9 novembre 1954.

Les lettres d’Élise forment un ensemble épistolaire d’une valeur inestimable, patiemment constitué au fil des années grâce aux dons de témoins directs, à partir de 2007. Cette redécouverte progressive, marquée par l’arrivée de 143 lettres sur une décennie, dont certaines ont ressurgi plus de cinquante ans après leur rédaction, relève d’une transmission exceptionnelle, presque inespérée.
Chaque lettre, préservée du temps et de l’oubli, participe à la reconstitution d’une voix, d’une présence et d’une mémoire sensible. Cet ensemble forme aujourd’hui un héritage précieux, à la fois intime et universel, dont la conservation et la transmission s’imposent comme une évidence.
LE SAVIEZ-VOUS ?

